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Wuxia le renard

Wuxia the Fox

Nom du projet : Wuxia le renard
Type de production/projet : Médias numériques (transmédia)
Période de financement : 2 avril au 2 mai 2014 (30 jours)
Cible de financement : 64 000 $
Fonds amassés : 64 982 $ (101 % de la cible)
Nombre de contributeurs : 318
Contribution moyenne : 204 $

Inquiet de l’hyperconnectivité et de son effet sur les enfants, Jonathan Bélisle, de SAGA WORLD, voulait réinventer l’heure de la lecture en plongeant l’enfant dans un monde magique. Afin que Wuxia le renard voit le jour, le créateur a lancé une campagne de financement participatif, qu’il n’est pas près d’oublier. En entrevue, il partage son expérience.

Trouver la bonne plateforme de financement participatif

Au cours de la campagne sur Kickstarter, Wuxia le renard en était à une étape préliminaire de développement. Jonathan estime que ceci a nui à la campagne. À son avis, à la différence d’Indiegogo, les donateurs sur Kickstarter n’ont pas l’habitude de financer des projets artistiques et/ou en phase d’idéation.

« Sur Kickstarter, les gens cherchent des occasions de précommander des produits qui sont tangibles. Ils sont à la recherche de projets en phase de prototypage. »

La campagne a tout de même permis de financer les premières étapes d’idéation du concept (les textes, les illustrations, les films, les scènes interactives et la musique). Mais pour y arriver, le créateur a dû redoubler d’efforts pour faire sortir du lot son projet dans un bassin qui lui était plutôt défavorable.

La vidéo de présentation : le pitch ultime

Pour les créateurs de Wuxia le renard, la vidéo de présentation est le cœur même de la stratégie d’une campagne de financement participatif réussie. Elle doit présenter l’équipe en exposant de manière claire, concise et engageante ce qui sera rendu possible grâce aux contributions. « On m’avait déjà confié que, si je voulais lever 40 millions par exemple, je devais réaliser une vidéo de 50 000 $. Pour Wuxia, la vidéo nous a coûté environ 10 000 $. C’est un incontournable d’investir là-dedans. Il faut présenter ses intentions, son processus créatif en toute franchise et créer un mouvement de Let’s make it happen together ! »

Jonathan souligne le rôle clé de la vidéo pour créer un mouvement de groupe, un principe essentiel du sociofinancement : « Dans crowdfunding il y a « crowd » et « funding », mais je pense que la « crowd » est plus importante encore que le financement. »

La campagne : un sprint effréné

Pendant toute la durée de la campagne, Jonathan croulait sous les courriels jusqu’aux petites heures du matin. « J’ai fait la promotion de la campagne, la production du contenu et la gestion de la communauté en temps réel… Je ne dormais presque plus. À la fin de la campagne, j’étais blanc ! »

Il répondait aux questions, relançait ses contacts et essuyait des revers de la part de gens de son réseau personnel et professionnel. Un exercice d’humilité qu’il faut apprendre à digérer très tôt dans le processus.

Pour sa prochaine campagne, il aura un plan détaillé ainsi qu’une stratégie en place avant le lancement. C’est d’ailleurs un conseil qu’il donne à quiconque souhaite se lancer dans l’arène : « Il faut bien plus que partager son projet sur les réseaux sociaux ! Il faut créer un dialogue avec les gens, une histoire et des contenus variés à partager tout au long des 30 ou 60 jours de ta campagne. »

Son plan de match pour la prochaine campagne ? « Je vais préparer mon contenu longtemps d’avance et prendre congé à mon travail régulier pendant le déroulement de la campagne pour m’y consacrer entièrement. »

Un buzz, ça se construit

À mi-chemin dans la campagne, Wuxia le renard n’avait pas encore atteint 40 % de son objectif. Selon Jonathan, si la campagne n’a pas atteint 50 % de son financement après les cinq premiers jours, les chances d’atteindre son objectif diminuent considérablement. « Les gens croient que tu ne vas pas réussir, et personne ne veut donner de sous à un projet qui ne va pas obtenir son financement. »

Amasser beaucoup d’argent en peu de temps permet de gagner une traction qui attire de nouveaux donateurs à se joindre à la communauté. On doit commencer à travailler sur cet effet d’entraînement bien avant le lancement de la campagne : « Il faut que tous tes ambassadeurs soient mobilisés avant ton lancement et que tout soit prêt pour que tu atteignes ton objectif le plus rapidement possible dans la campagne. »

Après une dizaine de jours, la fatigue a commencé à s’installer chez le créateur de Wuxia. La sollicitation soutenue auprès de son réseau de contacts lui donnait l’impression de harceler sa communauté. De plus, l’argent investi en publicité sur les réseaux sociaux ne rapportait pas les résultats escomptés.

À court de ressources, Jonathan a usé de créativité en offrant la possibilité aux donateurs de devenir coproducteurs du projet pour la somme de 6 000 $. Cette stratégie a permis d’ajouter le télédiffuseur TFO à la liste de partenaires. La participation de TFO a créé une traction permettant d’attirer assez de nouveaux donateurs pour atteindre l’objectif de financement de la campagne.

Une fois celle-ci terminée et le financement atteint, le travail était loin d’être achevé pour les créateurs. Jusqu’au lancement officiel de l’application pour tablette, Jonathan s’est fait un devoir d’envoyer chaque mois un compte rendu à ses donateurs expliquant les difficultés techniques rencontrées par l’équipe, les retards dans la production, les avancées créatives, etc. Une sorte de journal de création qu’il se fait un devoir de partager avec tous les donateurs.

Wuxia le renard est un écosystème de lecture transmédia qui nécessite un travail de production colossal, qui a été rendu possible grâce notamment à l’appui d’une communauté de donateurs dont il est maintenant membre à part entière. Vous le verrez souvent partager sur les réseaux sociaux les projets qu’il finance et auxquels il croit. Puisque, au bout du compte, il s’agit de faire diminuer les intermédiaires entre les idées et les gens.