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He Hated Pigeons

He Hated Pigeons

Nom du projet : He Hated Pigeons

Type de production/projet : Film d’auteur

Plateforme de financement : Indiegogo

Type de financement participatif : Flexible (gardez ce que vous recevez)

Période de financement : En cours

Fonds levés : 36 306 $ (143 %)

Nombre de contributeurs : 175

Contribution moyenne : 208 $

 

Ingrid Veninger devait composer avec une structure financière très serrée pour le tournage de son cinquième long-métrage intitulé He Hated Pigeons, un film d’auteur racontant une épopée fantasmagorique se découlant au Chili.

La réalisatrice, scénariste et productrice a choisi il y a longtemps de porter tous les chapeaux dans le cadre de ses productions d’auteur : elle est toujours en mode solution et son cerveau roule à 120 km/h. Elle est prête à tout pour que ses films voient le jour et n’a pas peur de se lancer cœur et âme dans tous les défis qui se présentent à elle en cours de route.

À la mi-janvier 2015, soit deux jours avant de s’envoler en tournage avec l’équipe, elle reçoit la réponse négative d’un bailleur de fonds pressenti , ce qui crée un trou énorme dans son budget. Quoi faire pour remplir ce vide à 48 heures du départ?

C’est alors que débute son aventure de financement participatif sur la plateforme Indiegogo. C’est une expérience qui aurait une profonde influence sur la dynamique de tournage de son film ainsi que sur sa stratégie de marketing.

 

Lancer son projet au gré des circonstances et gagner le pari!

« Je menais la campagne avec des gens de Toronto qui m’aidaient et publiaient sur les médias sociaux. J’étais constamment en train de créer du contenu et je prenais le temps de remercier chaque contributeur tout en élaborant ma stratégie et bâtissant la campagne. Bien entendu, je réalisais le film en parallèle de tout cela. À la fin de chaque jour, au lieu de dormir, je consacrais trois ou quatre heures à la campagne. »

La route empruntée par Ingrid n’est certainement pas celle que conseillent les stratèges en campagnes de financement participatif.

Elle s’est lancée dans l’arène sans aucune préparation, n’ayant même pas de récompenses à offrir à ses contributeurs! Les récompenses, elle les a créées en cours de route, au fur et à mesure que le tournage avançait. Elle a offert des images de tournage libres de droit, des photos et des cartes postales et elle a usé de toute la créativité qu’on lui connaît afin d’offrir du contenu unique et engageant pour sa campagne.

Sur le plan financier, elle a commencé de zéro, alors qu’il est fortement conseillé d’aligner quelques contributeurs sur la ligne de départ pour créer un effet d’entraînement au moment de donner le coup d’envoi à une campagne de financement participatif. Elle se souvient même du premier montant, versé par un critique de cinéma qui suit et admire son travail depuis plusieurs années. Elle a ensuite su susciter un intérêt constant durant le tournage en partageant ses coulisses et en échangeant avec les contributeurs.

Sa relation avec ses contributeurs s’est solidifiée au fil des jours, et elle a réussi à les intégrer à part entière dans l’aventure du film. La cinéaste soutient également que son partenariat avec le Canadian Film Centre s’est avéré d’une très grande aide étant donné que sa participation est un sceau de qualité et démontre le sérieux du travail créatif.

« C’était vraiment motivant de constater que nous pouvions compter sur des appuis lorsque nous en avions le plus besoin. Ça m’a fourni de l’énergie et de l’adrénaline. »

Son film a-t-il souffert de ce projet parallèle? Elle soutient que son sommeil en a pris un coup, mais pas son film. Au contraire, la synchronicité entre la campagne et le tournage a permis une fusion unique de l’équipe et des contributeurs, qui pouvaient suivre jour après jour les retombées de chaque dollar investi. Cette impulsion a créé un engouement, une communauté et du bruit ayant été très bénéfique au rayonnement international du film.

Et il n’y a pas que les amateurs de films qui se sont mobilisés pour sa campagne. Un groupe de cinéastes s’est naturellement formé au festival du film Cucalorus en Caroline du Nord lorsqu’elle est allée y présenter son quatrième film. C’est avec joie que la cinéaste a pu constater que ce groupe s’est manifesté en grand nombre lorsqu’est venu le temps de contribuer à son film. La réalisatrice a considéré cet appui comme une marque de soutien extraordinaire venant de sa communauté.

Lorsqu’elle a revu les cinéastes en novembre dernier pour la présentation de He Hated Pigeons, elle a eu le bonheur et la fierté de tous les nommer sur scène. Depuis, leur complicité a fait avancer plusieurs projets puisqu’ils contribuent périodiquement aux films des uns et des autres en y investissant de l’argent et en partageant les campagnes de financement participatif lancées en appui aux œuvres dans leurs communautés respectives.

 

Quand la communauté rencontre la stratégie de marketing

Ingrid a repris la balle au bond après le tournage et a choisi de calquer la tournée du film sur la carte géographique de ses contributeurs. En parallèle de chaque représentation de son film, elle proposait une prestation en direct, souhaitant que chaque contributeur ait la chance – dans la mesure du possible – de vivre cette expérience.

Par exemple, un contributeur montréalais est la raison pour laquelle elle a ajouté la ville et le Centre Phi à son itinéraire.

Cette campagne de financement participatif surprise pour He Hated Pigeons s’est révélée une expérience créative et un levier de marketing essentiel au succès international du sixième long-métrage de la réalisatrice.

« Donc, les contributeurs vont bien au-delà de simplement mettre l’argent sur la table, ils appuient carrément le film. Et ça fait une énorme différence lorsque vous réalisez un film avec une équipe de trois ou quatre personnes et ne pouvez pas compter sur une armée d’investisseurs. Les gens qui contribuent à votre initiative de financement participatif deviennent essentiels. Et c’est aspect en particulier qui influencera comment je réaliserai mes films à l’avenir parce que j’ai ainsi la possibilité de développer un auditoire et une communauté. C’est très important. »